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Lettre de l’Imam al-Khâmine’î.. ..aux jeunes des pays occidentaux_29/11/2015
 

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Les Degrés Et Les Phases De L’Amour D’Allah


L'amour d'Allah a des degrés et des phases dans les coeurs des serviteurs. Il pourrait être faible et à peine ressenti chez un serviteur, épanoui et fort ne laissant de place à aucune autre occupation susceptible de le distraire d'Allah, chez un autre. Chez d'autres encore, il s'avère tellement intense et dominant que le croyant pieux a beau se plonger pendant de longues heures dans les invocations, les supplications, la prière et le recueillement dans l'action et l'effort sur la voie d'Allah, il ne parviendrait pas à étancher sa soif d'adoration.

L'Imam Jaafar al-Sadeq (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) dit à ce propos dans l'une de ses invocations:

«Ô mon Seigneur! J'ai faim et de Ton amour je ne me rassasie jamais; je suis assoiffé, et ma soif de Ton amour ne saurait être étanchée! Ô combien est ardent mon désir de Celui Qui me voit sans que je Le voie».

Et l'Imam Ali Ibn al-Hussayn (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) ne dit pas autre chose:

«(Ô Seigneur) ma soif ardente ne peut être apaisée que par Ton contact, ma souffrance agitée ne se calme que par Ta rencontre et mon désir de Toi ne s'assouvit qu'en Te regardant».1

L'expression de l'amour la plus éloquente et la plus merveilleuse, on la trouve dans l'invocation que l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) a enseigné à Kumayl ibn Ziyad al-Nakh'î et connu sous le nom de "invocation de Kumayl":

«À supposer, Ô Mon Dieu, Mon Maître, Mon Souverain et Mon Seigneur, que je puisse supporter le supplice que Tu m'infligerais, comment pourrais-je endurer ma séparation de Toi? et à supposer que je puisse endurer la chaleur de Ton enfer, comment pourrais-je supporter l'idée de ne plus aspirer à Ta Générosité? Et comment pourrais-je rester calme en enfer alors que j'aspire à Ton Pardon?"2

L'amoureux pourrait supporter la punition de son bien-aimé, mais pas sa colère ni sa haine contre lui. Il pourrait aussi supporter le feu, pourtant insupportable, mais pas la séparation avec son bien-aimé.

Cet amour et cet espoir que le serviteur continue à éprouver envers son Maître, alors même qu'Il lui fait subir le feu et lui montre Sa colère, constituent la plus belle des images de cette invocation auguste. En effet, il est possible que l'esclave éprouve de l'amour pour son maître pendant qu'il jouit de ses bienfaits et bénéficie de ses faveurs. Et cet amour est sûrement vrai et sincère. Mais l'amour absolu ou suprême, c'est celui qui ne quitte point le coeur du serviteur, même lorsque celui-ci subit l'atrocité du feu de son Maître.

L'Imam Zayn al-Abidin (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) exprime le même amour absolu d'Allah, dans la célèbre prière de demande -dit "invocation d'al-Sahar"- qu'il a apprise à Abou Hamzah al-Thoumali:

«Ô par Ta Puissance (Ô Seigneur), même si Tu venais à me gronder, je ne quitterais pas Ta porte, ni ne cesserais de Te flatter. Car, vers qui pourrait se diriger le serviteur, sinon vers son Maître!? et près de qui pourrait se réfugier la créature, sinon chez son Créateur!? O mon Dieu! Si Tu venais à m'attacher aux garrots, à m'interdire Ta faveur devant tout le monde, à dévoiler mes scandales devant les yeux des serviteurs, à ordonner mon envoi en enfer, et à T'interposer entre moi et les croyants pieux, je ne perdrais pas mon espoir en Toi, ni ne cesserais d'espérer l'obtention de Ton Pardon, et de mon coeur Ton amour ne sortira jamais».3

Poursuivons cette description pittoresque et pathétique de l'amour d'Allah et de l'espoir mis en Lui, qui sont enracinés dans le coeur des hommes de piété, en revenant à l'invocation Kumayl précité de l'Imam Ali Ibn Abi Talib (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui):

«C'est pourquoi, je jure sincèrement, par Ton Autorité, ô Mon Maître et Mon Souverain, que si Tu me laissais y (en Enfer) parler, j'y soulèverais auprès de ses habitants, un vacarme semblable au vacarme de ceux qui vivent dans l'espoir, et j'y lancerais vers Toi les cris de ceux qui crient au secours, et j'y pleurerais sur Toi comme ceux qui pleurent leurs disparus; et je T'appellerais, où que Tu sois,

Ô Seigneur des fidèles!

Ô Sommet des espoirs des connaisseurs!

Ô Secours de ceux qui crient au secours!

Ô Aimé des coeurs des véridiques!

Ô Dieu des mondes!

Gloire et louange à Toi!


Accepterais-Tu donc d'y entendre (en enfer) la voix d'un serviteur musulman qui y serait emprisonné pour avoir commis une faute? et qui en subirait la torture pour T'avoir désobéi,

et qui serait enfermé entre ses étages pour son crime et son péché,

et qui crierait à Ton intention comme quelqu'un qui vit dans l'espoir de Ta Miséricorde,

et qui T'appellerait en usant du langage monothéiste

et qui T' implorerait par Ta Seigneurie?

Ô Mon Souverain! Comment laisser aux supplices celui qui aspire à Ta Clémence d'antan (ainsi qu'il espère obtenir Ta Grâce et Ta Miséricorde!)

Comment le laisser souffrir de Ton enfer alors qu'il espère obtenir Ta Grâce et Ta Miséricorde!

Comment le laisser brûler par ses flammes (de l'enfer) alors que Tu entends sa voix et que Tu le vois là-bas!

Comment le laisser vivre sous sa chaleur (de l'enfer) alors que Tu connais sa faiblesse!

Comment le laisser se tordre entre ses étages alors que Tu connais sa sincérité!

Comment le laisser subir le mauvais traitement de ses habitants, alors qu'il T'appelle: Ô Mon Seigneur!

Comment l'y laisser alors qu'il attend Ta Grâce pour en être libéré!

Non, jamais personne ne Te croira ainsi! car, ni ce qu'on sait de Ta grâce, ni la façon dont Tu as traité les monothéistes en leur accordant Ta Bienfaisance et Tes Bienfaits, ne permettent de le penser.

Ainsi, j'affirme avec certitude que: si Tu n'avais pas ordonné le supplice aux renégats, et que Tu n'avais pas condamné ceux qui T'ont désobéi à subir l'enfer, Tu aurais transformé celui-ci en un lieu frais et paisible, et personne n'y aurait trouvé demeure, ni lieu de détention».
4

Quelle lecture pourrait-on faire de l'attitude que l'Imam 'Alî s'imagine adopter au cas où il tomberait en disgrâce? Attitude de refus de se résigner au châtiment et à la peine encourue, puisqu'il dit que s'il venait à être condamné à l'Enfer, il ne resterait pas les bras croisés, qu'il se mettrait à y tempêter, crier, lancer des appels etc.!? D'aucuns penseraient tout de suite qu'une telle attitude correspondrait bien à un trait saillant et originel de la personnalité de l'Imam: le courage et l'héroïsme incomparables dont il a fait preuve tout au long de sa vie et dans les champs de bataille où il n'a jamais baissé les bras dans les situations les plus difficiles et les plus périlleuses!

Mais une telle interprétation de l'attitude imaginaire de l'Imam est erronée et dénote une méconnaissance de la profondeur de sa piété et de sa soumission infinie au Créateur. La preuve en est que l'Imam (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) commence son exposé par cette formule, au conditionnel et non à l'indicatif, adressée à Allah: «si Tu me donnais la parole... je crierais, tempêterais etc.», laquelle met en avant, plus sa soumission que son héroïsme ou son courage dans la situation qui nous intéresse.

En fait, ces propos de l'Imam (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) et son état d'âme ici traduiraient plutôt, l'état d'un petit enfant qui ne connaît dans son univers d'autre refuge ou protection que la tendresse, l'affection, l'amour et la compassion de sa mère. Chaque fois qu'il a mal ou qu'il éprouve un sentiment de détresse, il a recours à sa mère et l'appelle au secours. Même lorsqu'il commet un geste de désobéissance envers sa mère, laquelle le punit subséquemment, il ne trouve d'autres refuge et protection qu'elle-même, et lui lance des appels au secours, exactement comme il le ferait si la peine qu'il subissait provenait de quelqu'un d'autre qu'elle. 

Dans cette supplication, l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) nous montre qu'il ne connaît d'autre recours qu'Allah, Lequel est son seul refuge et son seul protecteur. Et lorsqu'il s'imagine qu'Allah lui inflige une peine ou qu'Il le condamne au supplice, il n'hésite pas une seconde à recourir à Lui et à L'appeler au secours, comme il le fait toujours, lorsque la source de détresse vient d'ailleurs.5

L'Imam Zayn al-Abidin (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) exprime la même idée dans sa célèbre munâjât:

«Si Tu venais à m'éconduire de Ta porte, près de qui d'autre pourrais-je me protéger!? et si Tu venais à me refouler de Ta proximité chez qui pourrais-je trouver abri!? Ô mon Dieu! Chez qui retourne l'esclave en fugue (fuyard) sinon à son maître!? Et qui le soustrairait à sa colère sinon lui-même!?»6

Et:

«Ô mon Maître! Je me protège dans Ta Grâce et je Te fuis pour me réfugier près de Toi!»7

Ou encore:

«Chez qui va l'esclave sinon son Maître et chez qui va la créature sinon chez son Créateur!»8

S'enfuir d'Allah pour se réfugier auprès d'Allah n'est pas un paradoxe. C'est un concept qui dénote une signification profonde de la relation du serviteur avec le Créateur. Les sentiments que l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) décrit relativement à cette relation sont des sentiments d'amour et d'espoir réels, effectifs et très sincères qui animent les coeurs des vrais adorateurs. Dans cette séquence ou plutôt dans ce magnifique tableau de l'invocation, l'Imam Ali ne donne pas libre cours à son imagination à l'instar des poètes, mais exprime et décrit très exactement et très sincèrement ses sentiments lorsqu'il se présente devant Allah. C'est pourquoi il fait suivre ce tableau qui dessine la sollicitation du serviteur de la protection d'Allah, par un autre tableau qui décrit le secours qu'Allah dépêche à Son serviteur. Car, il sait d'expérience et de par sa connaissance passée de la Miséricorde et de la Grâce d'Allah, qu'il n'est pas possible qu'Il -Il est Sublime- désappointe ces sentiments d'espoir et d'amour, purs et sincères, du serviteur, et qu'Il repousse son amour et déçoive ses espoirs:

«Comment laisser aux supplices celui qui aspire à Ta Clémence d'antan (ainsi qu'il espère obtenir Ta Grâce et Ta Miséricorde!)

Comment le laisser souffrir de Ton enfer alors qu'il espère obtenir Ta Grâce et Ta Miséricorde!

Comment le laisser brûler par ses flammes (de l'enfer) alors que Tu entends sa voix et que Tu le vois là-bas!

Comment le laisser vivre sous sa chaleur (de l'enfer) alors que Tu connais sa faiblesse!

Comment le laisser se tordre entre ses étages alors que Tu connais sa sincérité!

Comment le laisser subir le mauvais traitement de ses habitants, alors qu'il T'appelle: Ô Mon Seigneur!»

Non, il est impossible et inconcevable qu'Allah déçoive l'attente de Ses adorateurs dévoués, vu Sa Clémence et Sa Miséricorde auxquelles Il les a habitués.

Donc l'Imam Ali s'applique à démontrer la Clémence et la Miséricorde du Créateur, auxquelles s'attendent les adorateurs sincères par la Clémence et la Miséricorde dont ils ont déjà bénéficié: «Comment laisser aux supplices celui qui aspire à Ta Clémence d'antan!».

Notons que l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) est ici catégorique concernant ce volet (la ligne descendante) de la relation du Créateur avec le serviteur, de même qu'il a été catégorique dans l'autre volet (la ligne montante) de la relation du serviteur avec Allah. De même qu'il ne doute pas un instant qu'il ne se départe pas de ses sentiments d'amour infini pour Allah ni ne perde jamais son espoir en Lui, ni ne recherche aucun autre abri ou secours que Lui, quand bien même il se trouverait en Enfer, de même il a la certitude qu'Allah ne désappointe pas cet amour sincère du serviteur et son espoir tenace placé en Lui. Méditons sur ce ton d'affirmation catégorique et de certitude absolue de l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) quant à l'étendue de la Miséricorde du Créateur à laquelle l'adorateur s'attend:
 
«Non, jamais personne ne Te croira ainsi! car, ni ce qu'on sait de Ta grâce, ni la façon dont Tu as traité les monothéistes en leur accordant Ta Bienfaisance et Tes Bienfaits, ne permettent de le penser. Ainsi, j'affirme avec certitude que: si Tu n'avais pas ordonné le supplice aux renégats, et que Tu n'avais pas condamné ceux qui T'ont désobéi à subir l'Enfer, Tu aurais transformé celui-ci en un lieu frais et paisible, et personne n'y aurait trouvé demeure, ni lieu de détention».9

On retrouve cette affirmation catégorique et cette certitude absolue concernant l'amour de l'adorateur pour son Maître et la Compassion d'Allah envers son serviteur dans d'autres supplications de l'Imam Ali (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) et de ses successeurs bénis. Ainsi dans une célèbre Munâjât, il s'adresse à Allah dans les termes suivants:

«Ô Seigneur! (je jure) Par Ta Puissance et Ta Gloire, je T'ai aimé d'un amour dont la douceur s'est enracinée dans mon coeur; or le for intérieur de ceux qui croient à Ton Unicité ne saurait concevoir que Tu puisse détester Tes amoureux».10

Pour sa part, son petit-fils, l'Imam Ali Ibn al-Hussayn (Que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui) dans l'une de ses munâjât dit:

«Ô mon Dieu! Comment pourrais-Tu humilier, en la délaissant, une âme que Tu as chérie par Ton Unicité! Ou comment pourrais-Tu brûler sous la chaleur de Tes feux une conscience qui a contracté Ton amour!»11

Et dans l'invocation d'al-Sahar du mois de Ramadan, il adresse ce monologue à Allah:

«Serait-il imaginable que Tu puisses démentir nos idées (Te concernant), ou décevoir nos espoirs (mis en Toi)! Non! ô Généreux! Telle n'est pas notre idée de Toi ni notre espérance en Toi! Car ô Seigneur! Nous avons un espoir illimité en Toi et ce que nous espérons de Toi est immense».12

* AL-ACIFI, Mohamad Mahdi, Comment Aimer Allah?, Publication de la Cité du Savoir, Edité par: AL-BOSTANI, Abbas, Canada.


1- "Munâjât 'Alî Ibn al-Hussain (p)".

2- "Mafâtih al-Jinân", Do'â' Kumayl Ibn Ziyâd.

3- "Mafâtih al-Jinân", Do'â' Abû Hamzah al-Thamâlî

4- "Mafâtih al-Jinân", Do'â' Kumayl Ibn Ziyâd.

5- Nous empruntons ici les mots de l'Imam Ali lui-même (P), autrement nous n'oserions pas parler de la relation entre Allah et lui de cette façon.

6- "Munâjât Numéro. 1", des 15 Munâjât de l'Imam Zayn al-'Âbidîn, d'après le récit d'al-'Allâmah al-Majlicî, dans "Bihâr al-Anwâr".

7- "Mafâtih al-Jinân", Invocation d'Abû Hamzah al-Thoumâlî

8- "Mafâtih al-Jinân", Invocation d'Abû Hamzah al-Thoumâlî

9- "Mafâtih al-Jinân", Invocation de Kumayl Ibn Ziyâd.

10- "Munâjât Ahl-ul-Bayt", 68/96.

11- "Munâjât Numéro. 3", des 15 Munâjât de l'Imam Zayn al-'Âbidîn, d'après le récit d'al-'Allâmah al-Majlicî. Dans Bihâr al-Anwâr.

12- "Mafâtih al-Jinân", Do'â' Abû Hamzah al-Thamâlî

1369 Vues | 06-02-2012 | 05:01


 
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